Un parc au nom du Loriot

loriot flourens buffonLorsque nous sommes arrivés au printemps 1975 à La Mancelière, un des agriculteurs du village nous avait signalé que le long du ruisseau de la Mancelière, entre mai et août, le loriot revenait chaque année. C'est très joli nous dit-il mais on ne le voit presque jamais car il se trouve en haut des arbres. En revanche on reconnaît sa présence à son chant. Effectivement nous avons mis du temps avant de l'apercevoir mais nous entendions bien son chant caractéristique tiu tiu lio ou fidelio.

Ce n'est qu'à Pâques 1992 que nous avons aperçu pour la première fois  un loriot mâle avec sa belle livrée jaune d'or sautillant sur les frondaisons des chênes à l'entrée de notre maison. Puis en août de la même année, nous avons aperçu trois petits loriots  reconnaissables à leurs robes plus vert-jaune  pour les femelles et comme celle du père pour le fiston.

Depuis ce temps nous avons prêté beaucoup plus d'attention à cet oiseau. Ainsi nous avons appris qu'il est d'origine africaine. Il quitte l'Afrique pour venir se reproduire en Europe. Et Buffon dans son « Histoire naturelle des Oiseaux » relate que ce passereau vient dans nos contrées « pour faire l’amour ». Il commence son article ainsi " On a dit des petits de cet oiseau qu'ils naissaient en détail et par parties séparées, mais que le premier soin d' un père et d'une mère était de rejoindre les parties et d'en former un tout vivant par la vertu d'une certaine herbe."

rustica

 

En 2010, une femelle a construit une nacelle suspendue entre deux branchettes, non plus dans une peupleraie, mais dans une haie de chênes située près du Pont Robert Fortune ; le lieu est savamment choisi, il n'est pas éloigné de nos trois cerisiers et du verger. Le régime alimentaire du passereau est composé d'insectes mais aussi de fruits, notamment de cerises. Ce goût pour les fruits s'accentue en fin d'été. Depuis de nombreuses années, nous ne pouvons plus manger une seule cerise !!! Mais les loriots ne peuvent être tenus entièrement responsables de cette consommation, il y a les grives, les geais (selon les années) et les merles ! Tout ce petit monde nous le rend bien : écouter le Fidelio d'un loriot c'est un bonheur, imaginer qu'il revient nous voir avec fidélité est touchant, admirer le plumage d'un geai, quel ravissement malgré toutes ses chamailleries, se réveiller avec le chant d'un merle siffleur nous met de bonne humeur... alors tant pis pour les cerises, nous nous rattraperons sur les framboises et les mûres  !

 Ecoutez le chant du loriot...

L'aire de mobilité quotidienne de notre couple de loriots s'étend approximativement sur une dizaine d'hectares basée en grande partie sur le parc. Ainsi au fil des saisons, l'idée s'est faite naturellement de baptiser nos espaces paysagers créés en famille : "Les Jardins du Loriot".