INFORMATIONS PRATIQUES
BLOC-NOTES
LES JARDINS DU LORIOT
ACHATS ET RESERVATIONS
NOUVEAUTES
- Les 8 secrets d'Hildegarde de Bingen(2026)
- Le circuit de Sun Wukong (2025)
- <+ Chasse au Trésor (juin 2025)
- Dragon-Cheval (2023)
- La Hutte de Sima Guang (2022)

Le Père J.-A. Soulié parmi ses fidèles (1895)
Le Circuit des Explorateurs
aux Jardins du Loriot
Aux marches sino-tibétaines, au S-0 du Sichuan et N-0 du Yunnan, le Père Jean-André Soulié (1858-1905), malgré les vives tensions entre lamas et chrétiens, accomplit avec détermination sa mission apostolique tout en devenant un collecteur de plantes remarquables œuvrant pour le Muséum d’Histoire Naturelle et un géographe estimé et récompensé par la Société de Géographie. Sa connaissance avancée des plantes lui confère une reconnaissance médicale auprès de ses fidèles. Sans cesse poursuivi par les lamas, il est finalement, en février 1905, cruellement mis à mort après douze jours de tortures par les lamas de la secte « Bonnets jaunes ».
Pour honorer le Père Soulié, un espace des Jardins du Loriot lui est dédié. Il est signalé par la Balise chinoise n° 3 - station n° 23 - sur le Chemin vert de la Renaîtrie)
03 – Père Jean-André Soulié
Jean-André Soulié est né à Saint-Juéry, près de Rodez (Aveyron) en 1858. Après ses études aux petit et grand séminaires, il part à Paris pour devenir missionnaire. Après une préparation de dix mois, il fait le choix de poursuivre l'évangélisation du Tibet, alors que tous les missionnaires viennent d'en être expulsés.
Un homme de caractère
Le Tibet, sous la double autorité d'un roi, d'un dalaï-lama et sous la surveillance d'un émissaire de la Chine (Amban), est convoité par l'Empire britannique, la Russie et, depuis longtemps, par l'Empire du Milieu. Les Anglais viennent d'envahir le Népal et le Bhoutan à partir de l'Empire des Indes. Dans un climat d'incertitude et de tension des tibétains, le Père Soulié arrive, début 1885, à Kangting (ex Tatsienlou – siège du Diocèse) aux Marches du Tibet, au sud-ouest du Sichuan. Il est affecté à Batang à la frontière du Tibet. Il étudie le tibétain. Son habitation est criblée de pierres par des lamas de la secte des « Bonnets jaunes », inquiets de l'influence grandissante des missionnaires sur la population. Il doit se réfugier dans une cache pendant 10 jours. Poursuivi par ses agresseurs, il repart à Kangting et y apprend le chinois.
Envoi des premiers spécimens de plantes alpines en 1891
Alors que Jean-André est affecté à Chapa, son premier sermon en chinois fait sourire les petites filles de l'orphelinat qui se font rabrouer ! Pour se délasser, il parcourt les plateaux et montagnes aux alentours et commence à faire ses premières découvertes botaniques. Envoyé à Tongolo (3.620 m d'altitude), il vit pauvrement dans un petit réduit situé à l'intérieur d'une habitation tibétaine. Il prend plaisir à collecter un grand nombre de plantes alpines : asters, primevères, deutzias, corydalis, gentianes, anémones, delphiniums, lys, rhododendrons, viburnums, chèvrefeuilles, saxifrages, spirées, berbéris... Il lui arrive de faire des sorties avec le naturaliste anglais Pratt qui s'étonne de voir les montagnards se chauffer avec des troncs de rhododendrons ! Adrien Franchet, chargé des herbiers du monde entier au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris reçoit en 1891 les premiers spécimens de plantes. J-A Soulié rencontre également à Kangting, en 1893, l'explorateur, botaniste-ethnologue russe Grigori Potanin et sa femme Alexandra, géographe, qui l'encouragent à poursuivre ses recherches botaniques.
Poursuivi sans cesse par les lamas
Pour se rendre à Cigu (ex Tsekou), sa nouvelle affectation, afin d'échapper à la poursuite des lamas et des mandarins, il se fait raser la barbe, troque son habit chinois de missionnaire contre un habit tibétain, se faisant passer pour un marchand tartare. Il doit prendre des chemins détournés, passer des gorges sur des ponts de cordes avec ses mulets, affronter la neige et les loups en haute montagne... Il reste à Cigu jusqu'en 1896, s'occupant de l'instruction d'enfants tout en botanisant dans les environs. Nouvelles menaces des lamas. Il a ordre de remonter à Batang mais la situation y est trop dangereuse. Arrivé à Yaregong, il est bien accueilli par la population mais elle prend vite peur sous la pression des lamas. Il repart pour Kangding. Ces déplacements incessants lui permettent de réaliser d'importants travaux de cartographie demandés par le Prince d'Orléans, explorateur, lors du passage en 1890 à Kangting de la grande expédition Paris-Tonkin entreprise avec l'explorateur Bonvalot.
Médecin, scieur, charbonnier, botaniste, géographe...
Le retour au calme permet au Père Soulié de réintégrer la chrétienté de Yaregong. Là, il acquiert une solide réputation de médecin, soignant les lépreux, les aveugles et autres malades. Il devient très populaire, le presbytère est reconstruit. Il s'adonne aux travaux les plus durs des villageois, devient scieur de long, charbonnier, chaufournier... tout en poursuivant ses travaux botaniques pour le Muséum. En 1904, il apprend par courrier que la Société de Géographie (Paris) lui décerne une médaille d'argent pour ses travaux cartographiques.
L’entrée en force des Britanniques à Lhassa (capitale du Tibet) et la fuite du dalaï-lama ont un effet contraire à celui qu’espéraient les missionnaires. La plupart des postes catholiques des Marches tibétaines sont attaqués. Début 1905, l'agitation des « Bonnets jaunes » à Batang et au sud de Yaregong devient alarmante. Le Père Soulié craint le pillage et la destruction de sa mission. Mais il est loin d'imaginer les violences dont il va faire l'objet.
Le martyre du Père Soulié sous le regard impuissant de ses fidèles
Le 3 avril 1905, sa maison est assaillie par des lamas en armes. Il est saisi, entravé, piétiné, blessé au côté par une lance, puis attaché à une chaîne. Son supplice va durer jusqu'au 14 avril où il sera fusillé lâchement, devant ses fidèles impuissants. En juillet, près de Tsékou, le Père Bourdonnec et le Père Dubernard sont massacrés dans des conditions atroces. Le grand botaniste-aventurier G. Forrest, de passage à la mission, tente de les protéger mais doit fuir pendant dix jours, poursuivi par des lamas révoltés, 16 de ses porteurs sont assassinés. Suite, Balise chinoise n° 7 - George Forrest.
Durant une période de 13 ans, le Père Soulié a collecté plus de 7.000 espèces de plantes. On lui doit, entre autres fleurs, la rose tibétaine, "Rosa soulieana", dont il envoya des graines à Maurice de Vilmorin et au Muséum national d'histoire naturelle à Paris et qui est étudiée par le spécialiste François Crépin en 1896.
En 1895, les premiers semis français du Buddleia de David (Buddleia davidii) ou arbre aux papillons sont réalisés dans la propriété de la famille de Vilmorin, grâce à un envoi du Père Soulié. La plante est largement cultivée dans nos jardins depuis 1916.
© Les Jardins du Loriot, 2020
03- Father Jean-André SOULIÉ
Jean-André Soulié was born near Rodez (Aveyron). After studying in a Catholic secondary school and then in a seminary, he went to Paris with a view to becoming a missionary. After a ten-month preparation course, he chose to work in Tibet, although all the missionaries had just been deported from there.
A man of character
Under the dual authority of a king and a Dalai Lama and the surveillance of an emissary from China (Amban), Tibet was coveted by the British Empire, Russia and, for a long time, the Middle Kingdom. The English had just invaded Nepal and Bhutan from the Indian Empire. In a climate of tension and uncertainty among Tibetans, Father Soulié arrived in Kangding (formerly Tatsienlou — the see of the diocese) at the beginning of 1885, at the Marches of Tibet, south west of Sichuan. He was stationed in Batang on the Tibetan border. He studied Tibetan. His house was pummelled with stones by lamas belonging to the “Yellow Caps” sect, who disliked the increasing influence of the missionaries on the population. He had to take refuge in a hiding place for 10 days. Pursued by his attackers, he went back to Kangding and there, learnt Chinese.
Dispatching the first specimens of alpine plants in 1891
Posted in Chapa, Father Soulié gave his first sermon in Chinese and the little girls from the orphanage could not help smiling, which would earn them a rebuke. To relax, he went all over the plateaux and mountains around and started making his first botanical discoveries. He was sent to Tongolo (altitude: 3620 m.) and lived in poor circumstances in a tiny room in a Tibetan house. He enjoyed collecting a great number of alpine plants: asters, primroses, deutzias, corydalis, gentians, anemones, delphiniums, lilies, rhododendrons, viburnums, honeysuckle, spiraea berberis… He sometimes went on outings with British naturalist Pratt who was amazed to see the mountain dwellers burning rhododendron trunks for heating. Adrien Franchet, who was in charge of the world herbariums at the Paris Musée d’histoire naturelle, received the first plant specimens in 1891. In Kangding, in 1893, Jean-André Soulié also met the Russian botanist/ethnologist/explorer Grégori Potanin and his wife, Alexandra, a geographer, who encouraged him to pursue his research into botany.
Ceaselessly pursued by the lamas
In order to go to Cigu (formerly Tsekou), his new post, and to escape his pursuers — lamas and mandarins —, he had his beard shaved off, exchanged his Chinese missionary habit for a Tibetan one, thus trying to pass for a Tartar merchant. He had to take roundabout ways, go over gorges on rope bridges with his mules, brave the snow and wolves in the high mountains… He remained in Cigu until 1896, keeping himself busy educating children while collecting plants. The lamas were threatening him again. He was ordered to go back up to Batang but the situation there was dangerous. When he arrived in Yareyong, he was welcomed by the population but they soon got scared under the pressure imposed by the lamas. He went back to Kangding. These numerous movements enabled him to do major mapmaking work requested by the Prince of Orléans, a French explorer when the great Paris-Tonkin expedition, which he had undertaken along with another explorer, Bonvalot, passed through Kangding in 1890.
Doctor, sawyer, coalman, botanist, geographer…
Thanks to the return of peaceful times, Father Soulié joined the Yaregong Christian community again. There, he earned a strong reputation as a doctor, looking after the lepers, the blind and other patients. He became very popular and the presbytery was rebuilt. He devoted himself to the hardest tasks of the villagers, becoming a pit sawyer, a coalman, a lime-burner while pursuing his botanical work for the Muséum. In 1904, a letter informed him that the Paris Société de Géographie awards him a silver medal for his mapmaking work.
The British forcing their way into Lhassa (the capital of Tibet) and the Dalai Lama’s running away had the exact opposite effect to what the missionaries expected. Most of the Catholic posts of the Marches of Tibet were attacked. At the beginning of 1905, the “Yellow Caps” unrest in Batang and south of Yareyong was becoming quite alarming. Father Soulié feared that his mission might be plundered and destroyed. Yet, he was far from imagining the violence which was about to befall him.
Father Soulié’s martyrdom under the powerless eye of his faithful
On April 3rd 1905, his house was attacked by armed lamas. He was grabbed, shackled, trampled upon, his side pierced by a spear and then he was put in chains. His torture lasted until April when he was shot, in a cowardly way, in front of his powerless faithful.
Three other missionaries (among whom Mgr Giraudeau) were slaughtered at the same time, south of Yerkalo. Father Dubernard was killed in July, near Tsékou. The great botanist/adventurer G. Forrest, who was passing by, tried to protect him but he had to flee for ten days because revolting lamas were chasing him. Sixteen of his porters were assassinated. (See prayer-wheel n° 7 for more)
Throughout a period of 13 years, Father Soulié collected more than 7 000 species of plants. Among other flowers, we owe him the Tibetan rose, “Rosa soulieana”, seeds of which he sent to the Paris Muséum national d’histoire naturelle and which was studied by François Crépin, an expert, in 1896.
In 1895, thanks to Father Soulié, the first French seedlings of the “Buddleia davidii” or “butterfly tree” were sown in the De Vilmorin estate. The plant has been widely grown in our gardens since 1896.
Translation by Marie Armelle TERRIEN, with participation of Bernadette HAND.
Le jeu se fait à partir des informations et images figurant sur la Balise chinoise n° 3 dédiée à Jean-André Soulié.
Indice (s) : En signe de reconnaissance du travail scientifique du Père, le botaniste Adrien Franchet, aimait lui dédier certaines plantes collectées aux Marches du Tibet en ajoutant au genre de la plante l'épithète souliei.
Les Jardins du Loriot s'inscrivent dans des parcelles de bocage composées à l'origine de prairies naturelles qui n'ont jamais été cultivées. Un grand étang d'un hectaire situé au milieu du parc est orné tout l'été de lotus. Des bassins permettent à une soixante de variétés de nymphéas de se développer de mai à octobre.
Au fil des ans le paysage s'inspire des jardins anglo-chinois, style de jardins qui est apparu dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle en France et en Europe. Une collection importante de bambous de Chine et du Japon a été introduite. Le pont-Moulin jolly reproduit dans le parc rappelle l'inspiration du créateur du jardin pittoresque de Moulin Jolly créé près de Paris à Colombes sur l'île Marante.
Le japonisme inspire aussi les créateurs : un tori avec une porte zen, marque l'entrée d'un pont donnant sur l'ïle du Dragon. L'amitié entre Monet et le Vendéen Clemenceau est évoquée autour des bassins de nymphéas.
Beaucoup de plantes du parc viennent de Chine et du Japon et les collecteurs de l'époque y sont honorés (explorateurx et missionnaires botanistes)..
L'imaginaire du visiteur est sollicité : en déamulant vous allez pouvoir découvrir des édicules chinois, birmans et des groupes de statues venues de Birmanie et d'Indonésie, mais aussi l'histoire d'une sorcière qu'un magicien venu de l'Himalaya a fait renaître. En entrant dans le parc vous pourrez entrer dans l'univers d'un coupeur de bambous avec le plus vieux conte japonais : Také tori monogatari ou le conte de la Princesse Lune...
En lire plusWe use cookies to improve our website and your experience when using it. Cookies used for the essential operation of this site have already been set. To find out more about the cookies we use and how to delete them, see our privacy policy. | |
| I accept cookies from this site. Agree | |